Spectatrices et spectateurs sous influence

Du green bar au café, de la cantine à la rivière, les films infusent dans la mémoire des festivalièr·es.

Janna
cuillères qui tournent dans les tasses de café / conversations alentour
Le film d’ouverture, Amal, m’a marquée. Qu’est-ce qu’être une femme dans le monde arabe ? Qu’est-ce que la révolution pour une femme ? Le film n’a rien de démonstratif. Cette Amal d’Égypte m’a prise par la main. On sentait, entre le cinéaste et son personnage, comme une relation de frère et sœur.

Jérôme
la cloche de l’église sonne dix coups / moteur au ralenti / éclat de voix
Hier on s’est posé une question avec Rémi sur le film Panthère. La question, c’était : qu’est-ce qu’un documentaire ? Panthère, j’ai eu l’impression que c’était joué, que la femme était une actrice.

Rémi
Le Bonheur des chiens, au contraire, c’est le seul film que j’ai vu au festival qui soit documentaire, dans le sens où la caméra est posée à hauteur de chiens, sans commentaire et sans musique pour orienter l’émotion.
pas sur le gravier / sons mats / une porte claque au vent

Dylan
Hier, j’ai vu Rêver sous le capitalisme. C’était assez parlant comme le public semblait se retrouver dans ce qui était raconté. Moi, je n’ai jamais vraiment travaillé mais je crois voir à quel point le travail peut s’insinuer dans la vie, et jusque dans les rêves, du coup je comprenais ces réactions.
ruissellement continu / craquement sec de branche / impact d’un plongeon

Cyril
Depuis des années, on va à la rivière le samedi ou le dimanche, c’est à ce moment que ça décante. On se demande ce qu’on a retenu de la semaine. Ce matin j’étais à Playing men. C’est une réflexion très drôle sur le jeu des hommes dans l’espace public. On observe leurs manières de se toucher, il y a un érotisme qui n’est jamais loin.
bruits de corps qui barbotent / rires tonitruants / aboiement d’un chien

Léo
Je suis arrivée hier et j’ai vu Game Girls. Depuis, le film n’arrête pas de revenir dans ma tête. Il m’a étonnée, je ne sais pas encore exactement pourquoi. C’est peut-être la réalisatrice, dans sa façon d’être avec ces filles. Elle ne dit pas : regardez comme c’est terrible. On sent que tour le monde est ensemble.
jappements / gémissements brefs / toujours l’eau qui ruisselle

Alix Tulipe, Chloé Truchon et Antoine Raimbault