Wedding Nightmare (Tyler Gillett – 2019)

Genre : Épouvante-horreur, thriller, comédie horrifique

Casting : Samara Weaving, Adam Brody, Mark O’Brien, Andie MacDowell

Durée : 1H35 mn

Budget : 6M $

5 out of 10 stars (5 / 10)

Le mariage de la baby-sitter

 J’étais plutôt enthousiaste à l’idée de retrouver Samara Weaving, vue précédemment dans The Babysitter qui, s’il n’avait rien d’un chef d’oeuvre, était suffisamment déjanté et fun pour m’avoir fait passer un agréable moment. Après celui de la gardienne d’enfants, c’est donc le rôle de la mariée qu’elle endosse ici.

Jeune femme d’origine modeste qui épouse un homme issu d’un milieu très aisé, elle doit se plier à la tradition familiale qui est de se livrer à une nuit de jeu avec la belle-famille après les noces. Jeu décidé par un tirage de cartes et pouvant aller de la partie d’échecs en passant par le backgammon jusqu’à la… traque sauvage et la mise à mort lors d’un rituel satanique. Etant donné qu’un film sur une partie de jeu de l’oie aurait été bien ennuyeux, je vous laisse deviner quelle carte notre héroïne aura la malchance de tirer. Elle va en conséquence goûter à l’enfer du mariage plus littéralement et plus prématurément que la moyenne des couples. La présence d’un personnage seul et isolé dans un milieu hostile dont il ne maîtrise pas les us et coutumes m’a d’ailleurs fait penser très brièvement à Get Out, mais toute ressemblance s’arrête à cela.


Le mariage, avant

Un mélange des genres peu efficace…

Wedding Nightmare nous invite à un repas de mariage où il tente de nous faire bouffer à tous les râteliers : épouvante-horreur, thriller, comédie… Mais malheureusement, tous les plats sont fades. Le principal problème du film, c’est qu’il n’excelle, voire même n’est correct, dans aucun des genres qu’il propose. Le scénario n’est pas suffisamment inventif ou travaillé pour en faire un thriller prenant. On voit arriver de trop loin la majorité de ce qui va se produire et on est jamais réellement surpris. L’ambiance n’est pas assez anxiogène ou malsaine pour mettre la pression sur le spectateur comme se doit de le faire un bon film d’horreur. La faute principalement à la belle-famille en charge de la poursuite qui est une belle équipe de bras cassés plus prompte à l’auto-sabordage qu’à représenter une réelle menace pour l’héroïne. Et si celle-ci n’a pas de raison de craindre pour sa vie, le spectateur s’ennuie.

Ce ne sont pas les quelques jets de sang qui vont changer quelque chose à ça, plus utilisés pour le côté grand-guignol que pour réellement dégoûter ou faire peur. Et pour finir, même si quelques vannes ou situations arrivent à nous décrocher un rictus, on est quand même bien loin des saillies comiques et de l’humour noir qui font la marque des meilleures comédies horrifiques. Cet humour, sans jamais vraiment faire rire, a aussi tendance a mettre à mal tout le côté anxiogène qui, comme on l’a vu, est déjà très précaire.

Le mariage, après

… pour un film qui ne va pas au bout de ses idées

Le souci de Wedding Nightmare résumé en une phrase, c’est qu’on a jamais vraiment peur, qu’on est très rarement surpris et qu’on rit (même noir) trop peu. Pour une comédie horrifique, c’est un mélange gênant. Ce film est frustrant : l’idée de transformer et de faire glisser un moment de célébration vers un moment d’horreur était bonne et on avait en Samara Weaving une mariée potentiellement bien badass. Mais l’exécution plombe le tout, et on se retrouve face à un résultat médiocre en tout et bon en rien, et des réalisateurs/scénaristes qui ne proposent pas de nouveautés et n’osent pas aller au bout de leurs idées pour tenter de donner quelque chose de vraiment marquant et distinctif à leur film. Malgré un final qui relève (légèrement) l’intérêt, le spectateur a le cul entre deux chaises et trois genres sans jamais en trouver un confortable, et cette cérémonie ne marquera pas les esprits. Dommage !


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