The Boys (Eric Kripke – 2019)

Genre : Action, super-héros

Casting : Karl Urban, Jack Quaid, Erin Moriarty

Durée : 1 saison, 8 épisodes

8 out of 10 stars (8 / 10)

Le retour d’Eric Kripke

Après nous avoir narré pendant près de 15 ans les aventures des frères Winchester et de leur ange gardien dans Supernatural, force est de constater qu’Eric Kripke, le créateur de The Boys apprécie particulièrement les histoires entre garçons et autres bromances. Sa nouvelle série adaptée d’un comics est sortie dans une relative discrétion, puisque personnellement je n’en ai entendu parler que quelques jours avant en voyant des images dans le dernier clip du groupe de metal Slipknot. Images qui avaient été soigneusement choisies pour être les plus gores de cette première saison, ce qui laissait penser à une série franchement trash. Au final ce n’est pas le cas, puisqu’on reste dans un gore relativement fun et bon enfant, si je puis m’exprimer ainsi, et qui est loin d’être au centre de la série. Personnellement, n’ayant jamais été un grand amateur de gore, cela ne me pose aucun problème, mais les amateurs du comics trouveront peut-être à redire à ce sujet, vu que le matériau de base semble avoir été pas mal édulcoré.

Puisque je vous le dis, le gore n’est pas au centre de la série.

La face cachée des super-héros

L’intérêt principal repose sur le fait qu’il s’agisse d’une série de super-héros dont ces derniers ne sont justement pas les héros, chose plutôt rare dans le domaine. Pas les héros à double titre : pour commencer parce qu’ils n’en sont pas les protagonistes principaux, mais également parce que leur comportement n’a souvent rien d’héroïque. Pour résumer, imaginez une société remplie de super-héros qui n’auraient pas de Tony Stark pour les financer et les fédérer, ce rôle échouant à une multinationale dont les buts seraient simplement de faire de l’argent et de maximiser les profits, chose finalement beaucoup plus en adéquation avec notre réalité. Et des super-héros loin d’être obnubilés par la justice, la droiture et les idéaux moraux, mais plutôt par leur réputation sur les réseaux sociaux et leurs intérêts personnels. Leurs interventions entraînant souvent un grand nombre de dommages collatéraux. Voilà le cadre de The Boys, qui est donc un vrai contre-pied par rapport aux séries du genre. L’histoire suit Hughie et sa clique, qui ont tous eu à des degrés différents maille à partir avec des super-héros et travaillent à leur chute, et à faire connaître au grand public la face cachée de leurs idoles.

Voir sa petite amie réduite en compote par le Flash local, ça crée de l’animosité

Des personnages hauts en couleurs

 Si le scénario n’est pas d’une grand originalité au fur et à mesure des épisodes, il reste néanmoins efficace avec des personnages crédibles et dont les backgrounds sont travaillés, que ce soit parmi les Boys (mention spéciale à Karl Urban qui délivre une prestation plus que convaincante dans le rôle du vieux baroudeur aigri et prêt à toutes les bassesses pour venger la disparition de sa femme), ou chez les 7, version corrompue et cynique des Avengers. Notons tous de même que certains personnages restent plus mystérieux et qu’il y a tout à fait matière à les creuser dans une seconde saison. On pense par exemple à Black Noir, membre des 7 qui reste éminemment énigmatique, The Deep, l’Aquaman local qui est surtout utilisé comme ressort comique dans cette saison et Kimiko du côté des Boys et sur laquelle il reste beaucoup à apprendre.

Les 7

De l’humour et des moyens

La série fait régulièrement mouche par son humour noir et quelques messages bien sentis sur la société américaine actuelle, que ce soit au niveau religieux ou moral. On sent également qu’Amazon a délié les cordons de la bourse puisque la série est plus que convaincante au niveau visuel, ce qui est rassurant vu les grosses licences sur lesquelles la société a investi, on pense bien évidemment à la série sur le Seigneur des Anneaux. On retrouve également quelques guests stars bien choisies, notamment Giancarlo Esposito, assez peu oubliable dans Breaking Bad et Jim Beaver que les fans de Supernatural auront sans nul doute plaisir à revoir ici. Guests qu’on espère voir davantage dans une probable deuxième saison.

Je vous défie de trouver une meilleure arme !

Pour conclure, The Boys est une série sans grandes prétentions mais agréable à suivre et rafraîchissante, qui est tout à fait binge material malgré ses épisodes plutôt longs (autour d’une heure en moyenne). J’ai d’ailleurs fait les 8 épisodes en deux jours, chose fort rare dans mes habitudes de consommation culturelles.

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