Nicky Larson et le parfum de Cupidon (Philippe Lacheau – 2019)

Genre : Comédie, action

Casting : Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Didier Bourdon

Durée : 1H31 mn

Budget : 18.6 M €

7 out of 10 stars (7 / 10)

Une méfiance compréhensible vis-à–vis des adaptations

Voila une critique qui arrive plusieurs mois en retard, pour la bonne et simple raison que je souhaitais attendre pour voir le film en compagnie d’amis de mon âge qui ont connu l’époque et le dessin animé original. Car il ne faut pas se tromper, ce Nicky Larson se destine en premier lieu à un public de trente/quarantenaires nostalgiques. On se souviendra de la levée de boucliers qui a suivi l’annonce de la production du film : Lacheau n’a pas le physique pour le rôle, l’humour gras français n’est pas compatible avec Nicky Larson, on va massacrer notre enfance… C’est le genre de choses qu’on entend à toute nouvelle adaptation de dessin animé/manga/jeu vidéo. Les gens sont méfiants, et à juste titre, car l’expérience à prouvé que ce genre d’entreprise aboutit rarement à des résultats ne seraient-ce que potables.

C’est toute une génération qui a grandi en suivant les aventures de Nicky Larson

Un hommage connaisseur et respectueux

La première chose qui frappe ici, c’est que Lacheau est un passionné de City Hunter/Larson et de cette époque en général. On est en face de quelqu’un qui connaît ses classiques, qui tente de leur rendre hommage tout en apportant une touche personnelle, et c’est une démarche totalement respectable à mon sens, bien plus en tout cas que celle qui consiste à tout vouloir bouleverser simplement pour toucher un nouveau public. Les caractères/backgrounds des personnages principaux sont respectés, et on retrouve évidemment tout ce qui faisait l’essence du dessin animé : l’attraction un peu trop prononcée de Nicky pour les jeunes femmes, sa collection de sous-vêtements en découlant, son amour inavoué pour Laura et j’en passe. On a même droit à certains clins d’œil dont j’étais curieux de voir comment Lacheau allait les intégrer (la massue ou le corbeau notamment), mais force est de constater que ça a été fait intelligemment. On regrettera des hommages à d’autres dessins animés de l’époque moins subtils et un peu plus forcés, même si ce serait mentir de dire qu’il ne font pas plaisir.

Tu veux y goûter à ma massue ?

La nostalgie a de beaux jours devant elle

Le casting est plutôt bon, notamment au niveau de Laura et Mammouth qui ressemblent à s’y méprendre aux personnages originaux. Je suis un peu plus circonspect sur Lacheau lui-même, mais même en y réfléchissant je ne trouve pas d’acteurs qui aurait été extrêmement crédible pour incarner Larson du fait de l’ambivalence du personnage beau gosse charismatique et ténébreux doublé parfois d’un pervers totalement crétin. A vrai dire on a un peu l’impression par moments de regarder un épisode de Nicky Larson avec de vrais acteurs, et ça en est même troublant, certains matériaux supportent mal le changement de support et étant destinés à rester sur celui d’origine. On imagine mal un Dragon Ball Z ou un Chevaliers du Zodiaque en film live, mais du fait de ses thématiques et de son ambiance, Nicky Larson est moins sujet à cette problématique. Toujours dans l’optique de jouer un maximum sur la fibre nostalgique, qui est à l’heure actuelle un business plus que profitable dans la pop culture, Lacheau nous gratifie de quelques guests stars iconiques des années 90 (notamment Dorothée ou Pamela Anderson). L’humour est globalement Larsonesque et fait plutôt mouche, même si l’on échappe pas à quelques vannes lourdes qui tombent à plat, mais au final relativement peu par rapport à l’ensemble.

Nicky Larson était loin de reposer entièrement sur son humour et les scènes d’action proposées ici sont plus que correctes. On ne pourra que remarquer l’inspiration d’Hardcore Henry sur la scène de combat à la première personne ou de John Wick sur quelques passages de Gun-fu. Ça n’est certes pas de la virtuosité à l’état pur, mais ça fait plutôt bien le boulot.

Quand Philippe Lacheau emprunte à John Wick

Ce film est donc un hommage respectueux de l’original, par quelqu’un que l’on sent passionné et désireux de bien faire, jouant à fond la carte de la nostalgie. De ce parti pris découle une question plus épineuse : quel peut-être l’intérêt de ce film pour des gens n’ayant connu ni le dessin animé/manga ni l’époque et auxquels échapperont la majeure partie des références ? Il sera probablement plus que limité.

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