Message from the King (Fabrice Du Welz – 2017)

Genre : Thriller

Casting : Chadwick Boseman, Teresa Palmer, Luke Evans

Durée : 1H42 mn

Budget : 10 M$

6 out of 10 stars (6 / 10)

Pour être complètement honnête, j’ai une culture très limitée en matière de Vigilante/Revenge movies. La seule référence récente que j’ai dans le domaine c’est Drive, produit par les mêmes personnes que ce Message From The King. Ayant régulièrement entendu des comparaisons entre les deux, je vais donc m’appuyer sur cette référence pour rédiger cette critique.

Commençons par ce qui est, plus que dans tout autre genre cinématographique, le fondement de ce type de film, le héros-justicier et sa personnalité. Jacob King, jeune chauffeur de taxi originaire du Cap débarque donc à Los Angeles suite à un message téléphonique inquiétant de sa sœur, afin d’en apprendre plus son sort.

Chadwick Boseman s’en sort bien, voire très bien dans le rôle. On n’a pas vraiment de difficulté à le suivre dans son interprétation de ce personnage tourmenté et à le trouver crédible dans ses accès de violence comme dans ses moments d’humanité profonde voire de fragilité, le plus souvent lorsqu’il est à l’écran avec Teresa Palmer. Il dégage un charisme indéniable. Néanmoins, et c’est là une opinion strictement subjective, je préfère l’interprétation d’un Ryan Gosling qui arrivait a faire circuler davantage d’émotions au travers de simples expressions faciales comme un sourire ou un regard. Je suis plutôt du type a apprécier la rage froide contenue avant l’explosion de violence d’un Gosling que celle, peut-être moins subtile, d’un Chadwick Boseman.

Un des soucis (à mon sens) de Drive, était justement en partie cet abus de scènes sans paroles et uniquement composées d’échanges de regards/sourires et de longs silences, qui, si elles étaient appréciables au début, finissait par donner l’impression que les personnages de Mulligan et de Gosling étaient un peu teubés. Rien de comparable ici. Ça parle, ça communique, beaucoup même. Une des chose que je trouve problématique, c’est que le schéma du film est quand même très classique, et finalement assez plat et sans grande surprise, même si ça semble être une des caractéristiques du genre.

Découverte du corps de la sœur à la morgue, recherche et identification des coupables, et lattage en règle.

Le seul intérêt du genre semble donc résider dans la dépiction de la violence du héros et de ses manifestations. D’ailleurs, je trouve dommage qu’on n’assiste pas ou qu’on ne soit pas plus impliqué par rapport au meurtre de la sœur. Non, je ne suis pas un pervers assoiffé de sang, mais je trouve que ça aurait ajouté quelque chose à l’impact émotionnel de l’ensemble et qu’on aurait d’autant plus savouré la revanche à venir derrière. Certes, on voit son corps bien amoché, mais l’effet n’est pas aussi profond. D’ailleurs, pour les gens qui se poseraient la question du niveau de violence, je dirais qu’on est à la louche au niveau d’un Drive. Je n’y amènerais certes pas ma petite sœur si j’en avais une, mais à moins d’être très sensible (que fout-on dans une projection de ce film à ce moment-là ?), ça reste tolérable.

Un de mes autres regrets, c’est que le film manque d’une « patte » propre, que ce soit esthétique ou scénaristique. Et de scènes mémorables. Quand je pense à Drive j’entends sa B.O, je revois la scène de l’ascenseur ou celle d’intro. Bref, j’y associe quelque chose. Ici, sincèrement, ce MFTK manque un peu de moments forts et d’une touche particulière. C’est très carré. Probablement un peu trop. Il y a bien le coup de la chaîne de vélo, mais ça n’est pas suffisamment exploité pour marquer durablement. Je doute que je me souvienne d’énormément de choses de ce film dans quelques mois.

L’ambiance globale est évidemment très noire et L.A est dépeinte plutôt comme un havre de perdition et de débauche, une métropole désenchantée sur laquelle les rêves viennent se briser que d’un endroit où l’on a envie de passer ses vacances. Ça crée un contraste amusant lorsque je me souviens que le dernier film se déroulant dans cette ville que j’ai vu, c’était La La Land.

Au final un film bien joué, que l’on suit sans déplaisir et dont on a hâte de connaitre le dénouement (d’ailleurs personnellement j’aurais aimé quelque chose de moins « happy ending » et qui finisse plus mal pour Jacob, ça aurait davantage résonné avec la tonalité du film) , mais auquel il manque quelque chose pour être mémorable. Je ne suis pas sûr qu’il soit réellement convaincant pour un aficionado du genre.

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