Le Roi Arthur : La légende d’Excalibur (Guy Ritchie – 2017)

Genre : Action, aventure, drame

Casting : Charlie Hunnam, Astrid Bergès-Frisbey, Jude Law

Durée : 2H06 mn

Budget : 175m $

6 out of 10 stars (6 / 10)

La BA fleurait bon le navet. Mais en bon séries-addict, je n’ai pas résisté au plaisir de retrouver Charlie Hunham, un peu passé sous les radars depuis la fin de Sons Of Anarchy et Aidan Gillen qui sait être d’une efficacité diabolique quand on lui confie de bons rôles, dernièrement Littlefinger de GOT évidemment.

Je ne savais rien d’autre de ce film et ignorais sous quel angle il allait aborder les mythes d’Arthur et d’Excalibur. Il apparaît très tôt qu’on est ici devant une tentative de moderniser cette épopée, parfois à un tel point et en prenant tellement de libertés qu’on peut se demander si Guy Ritchie ne la trouvait pas ringarde. Au final, cela a quelques bons côtés mais quand même pas mal de négatifs.

La réalisation adopte globalement un style nerveux et saccadé qui, à mon goût, sied mal à l’ambiance d’une ère chevaleresque et à la Fantasy en général. Un bon exemple en serait le vieillissement d’Arthur de sa période enfant à adulte, qui est présenté sous forme d’une succession de plans hachés et rapides, qui, s’ils ont une certaine valeur visuelle, représentent quand même le degré 0 de la narration. Pour reprendre une expression un peu bateau, on a davantage l’impression de regarder une succession de clips MTV qu’un film savamment construit.

Parlons de l’ambiance maintenant. L’affiche nous présente un Arthur « né dans la rue ». Visiblement dans l’esprit des scénaristes, cela est passé par l’introduction d’un langage de type « racaille » et d’un niveau de vocabulaire et de construction de dialogues qui va avec. Alors je ne dis pas qu’un langage populaire moyenâgeux est forcément très élaboré, mais ici on a plutôt l’impression d’assister à des conversations de rue entre thugs américains à notre époque. Ça fait sincèrement tâche. Du coup, Charlie Hunham, tous pectoraux et abdos dehors a du mal a rendre cet Arthur attachant. Si le style rebelle torturé passait à merveille sur un Jax Teller ça n’est pas le cas sur un Roi Arthur.

Pour le reste, on est devant un blockbuster totalement formaté et sans aucune surprise. On sait d’avance ce qui va se passer et comment ça va se passer, le scénario est sans génie, les personnages plutôt creux. Le bad guy du film incarné par Jude Law est le stéréotype du méchant de Fantasy, qui entre sourires triomphants sadiques et regards durs figés mâchoire crispée n’a guère l’opportunité d’exprimer les talents de comédiens qu’on lui connaît. On a aussi un peu d’humour, pas très fin mais qui est généralement bienvenu.

Après tout ça, que retenir de bon de cet Arthur ? Et bien quelques fulgurances niveau technique. Après une introduction pas mauvaise qui m’a brièvement remémoré les oliphants du Seigneur des Anneaux et fait espérer un excellent moment, le film présente tout de même quelques scènes qui ont de la gueule, notamment toutes celles ou Arthur utilise Excalibur. C’est bien fichu, totalement inspiré de ce que propose le jeu vidéo à notre époque, mais ça rend bien à l’écran. La scène de l’attaque de la tour du Roi par la mage du groupe qui utilise ses capacités de métamorphe, sans trop en dévoiler, envoie plutôt du pâté. Les effets 3D ne sont pas sur-utilisés mais globalement réussis.

Un film donc que le spectateur lambda pourra suivre sans déplaisir en mode brainwash, mais il lui manque cruellement tout ce qui fait les grands films de Fantasy. Des personnages charismatiques, un scénario développé et à rebondissements, un souffle épique. Quand aux gens attachés au mythe d’Arthur traditionnel et aux films classiques sur l’épopée, vous feriez mieux d’éviter la salle de ciné car vous risqueriez de vomir du sang par les oreilles.

 

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