GOT S8E3 : C’était bien, ça aurait dû être mieux

7 out of 10 stars (7 / 10)

 

Cette critique contient de nombreux spoilers.

Un épisode extrêmement attendu

Après un premier épisode qui avait posé des bases solides pour la suite de la saison et un second qui m’avait ennuyé, j’attendais impatiemment cette bataille de Winterfell, non seulement pour remonter le niveau de la semaine précédente mais aussi pour les enjeux cruciaux qu’elle revêtait pour la conclusion de la série. Si je n’ai jamais regardé ma montre pendant cette heure vingt, j’en ressors avec néanmoins quelques regrets sur cet épisode correct qui fait le boulot mais qui aurait pu (et dû) être bien plus épique.

Une première partie alléchante

Les quinze premières minutes sont consacrées à la préparation de la bataille à venir et sont, avec la toute fin, les parties les plus réussies. Elles nous gratifient de plusieurs plans magnifiques. Je citerai à la volée le rassemblement des troupes humaines sous les remparts de Winterfell, Melisandre qui s’offre un moment badass en enflammant simultanément les araks de toute une meute dothraki et la charge de cette même meute dans la nuit. LA NUIT. C’est justement un des gros problèmes de cet épisode, et j’y reviendrai après ces quelques images.

Les troupes de Jonerys attendant l’arrivée du Night King
Bonjour Mademoiselle, z’auriez du feu ?
Aucun doute, une meute dothraki qui charge arakh enflammé dans la nuit, c’est badass

Bordel, qui a éteint la lumière ?

Vous l’aurez probablement compris en voyant les images précédentes, mais un des gros problèmes de cet épisode, c’est que c’est sombre. Très sombre. Evidemment, l’épisode se déroulant de nuit en pleine tempête de neige, il était compliqué de faire autrement et cela se justifie pleinement d’un point de vue scénaristique. On imagine difficilement le Night King débarquer en plein soleil.

Toujours est-il que cela pose de gros problèmes à l’écran. Clarté d’image, artefacts disgracieux… On a beaucoup entendu les abonnés d’OCS s’en plaindre, mais qu’ils se rassurent, les versions pirates n’étaient, semble t’il, guère mieux loties. Le chef opérateur de GOT a d’ailleurs déclaré de façon fort peu élégante et passablement hypocrite qu’il n’y avait aucun problème du côté de la technique de l’épisode mais uniquement chez les téléspectateurs. Il faudra attendre la sortie du Bluray pour en profiter pleinement, ce qui est tout de même extrêmement regrettable.

Un ventre mou hollywoodien

La deuxième (et majeure) partie de l’épisode perd en intensité et laisse une grosse impression de déjà-vu dans son déroulement. On assiste au retranchement des forces humaines dans Winterfell, et, une perte de personnage secondaire après l’autre, on nous fait comprendre qu’il n’y a plus aucun espoir jusqu’à ce que quelqu’un, par un acte de bravoure, vienne sauver tout le monde. C’est le genre de scénario qu’on peut voir dans beaucoup de blockbusters, et GOT, du moins jusqu’à la saison 7, avait toujours réussi à éviter ce genre d’écueil et à surprendre son téléspectateur. Ce n’est que malheureusement que trop rarement le cas depuis.

Au rang des tombés au combat viennent donc s’ajouter Eddison Tollett (être Lord Commandant de la Garde de Nuit n’est apparemment pas une sinécure), Lyanna Mormont (une disparition qui ne me fait ni chaud ni froid tellement ce personnage n’était plus employé qu’à des fins de fan-service) et Beric Dondarrion.

Le dernier acte de bravoure de Lyanna Mormont

On retiendra tout de même quelques scènes intéressantes de cette deuxième partie, comme une conversation Tyrion-Sansa qui laisse entendre que leur couple pourrait avoir des chances de se reformer à l’avenir, ou l’immunité du Night King au feu de dragon (aurait-il potentiellement des origines targaryennes ? Il est fort probable que la série ne creuse pas cette question davantage). On est aussi gratifiés de quelques fort belles images du ballet aérien des trois dragons, même si ces derniers, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, sont loin d’être cruciaux dans la résolution de cette bataille.

Jon, baisse la tête. Non, vraiment.

Une fin qui prend aux tripes, mais aurait-il pu en être autrement ?

C’est donc Arya qui aura le privilège de mettre fin à l’existence du Night King et qui endossera le rôle de sauveuse. Un peu prévisible mais finalement logique. Qui mieux qu’une adepte du dieu de la mort lui-même peut passer inaperçue au milieu de hordes de pantins sans-vie et porter le coup fatal ?

Surprise motherfucker.

Je n’ai pour ma part qu’un seul regret à ce sujet : qu’une menace que les scénaristes faisaient planer depuis 7 saisons et qui constituait en quelque sorte le fil rouge de la série soit expédiée en un épisode. Le bon côté des choses, c’est que les trois restants devraient se recentrer sur le conflit Jonerys/Cersei et permettre quelques intrigues/magouilles/trahisons qui ont fait le succès de GOT.

Je suis évidemment ressorti le cœur brisé de la disparition de deux personnages phares : Theon tout d’abord, qui était vachement plus sympathique depuis qu’il n’avait plus de b*** et qui aura l’occasion de s’absoudre de ses regrets en mourant pour défendre Bran qu’il ne s’était jamais pardonné d’avoir trahi.

Et évidemment Jorah, qui lui disparaîtra en protégeant, une énième et dernière fois, son élue de cœur et amie Daenerys.

Si vous n’avez pas été ému(e)… vous mentez.
Voir légende précédente

C’était bien, mais ça aurait du être mieux

En conclusion, c’est un épisode qui ne fait nullement honte à la série en nous offrant quelques plans magnifiques et des scènes déchirantes. Malheureusement, il ne fait que confirmer ce que je ressens depuis deux saisons : le show a perdu sa capacité a surprendre en permanence le spectateur, pour suivre des constructions beaucoup plus académiques et hollywoodiennes et tomber parfois dans la facilité depuis que la plume de l’auteur original n’est plus suivie à la lettre.

Tout cela ne me donne qu’une envie : lire la fin que nous aura concoctée Martin dans les livres, si néanmoins ils sortent un jour.

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